BAM !
Bibliothèque Associative de Malakoff
23/04 – 19h30 – discussion sur l’écologie sociale en compagnie de Floréal Romero
Categories: Réflexions

La soirée, organisée par l’association Germinal, propose une discussion sur l’écologie sociale avec la participation de Floréal Romero, auteur de Agir ici et maintenant : penser l’écologie sociale de Murray Bookchin (éditions du Commun, 2019).

La soirée se poursuivra autour d’un buffet en auberge espagnole (tout le monde est invité à y contribuer en apportant quelque chose).

Écologie sociale et communalisme : un pari vital pour sortir du règne de l´argent

Le capitalisme est une économie qui ne vit que par l’accumulation et l’accroissement sans fin du capital s’appuyant sur les États-nations dotés d’appareils militaires, policiers et administratifs centralisés entraînant le développement d’une économie politique de guerre permanente, dont la surveillance, le contrôle et la répression en sont des sous-dimensions. Le tout se traduisant par une destruction sans précédents des écosystèmes qui nous ont fait naître et de la nature même de notre société, du commun qui fait de nous des êtres humains. Il ne connaît pas de restructuration, il n’existe fondamentalement que comme restructuration permanente qui l’a successivement transformé d’un capitalisme marchand à l’industriel puis au financier et actuellement au cognitif. L’humain devient prothèse ou appendice de la vitesse technique, économique et politique et ceci, parce qu’ayant inventé l’organisation rationnelle du travail – avec des travailleurs et travailleuses devenus objets jetables – suivant sa logique, le capitalisme l’a perfectionnée dans toute la sphère rationnelle de la vie. Il y a là un totalitarisme immanent à la massification  par l’aliénation totale des volontés particulières. Ainsi s’élaborent dans un climat de peur entretenue, les prémisses des nouvelles formes de totalitarisme qui ne sont pas une exception, une sorte d’aberration démocratique mais l’aboutissement logique d’une forme de gouvernance comme management généralisé, structurant les sociétés pour une rentabilité optimum du capital financier. Par dessus le marché, l’idéologie néolibérale n’a de cesse de pérorer que l’expansion de ce système est l’aboutissement d’une mission providentielle dans l’histoire de l’humanité.

Cela dit, le défi qui se pose à nous va bien au-delà de gagner de petites batailles sociales ou écologiques ou trouver des alternatives localisées nous permettant à quelques personnes de respirer. Le pari qui se pose est bien celui de comment refaire une société devenue auto-destructrice ? C’est ce défi que s’est proposé de relever l’écologie sociale qui déjà nous permet de comprendre que la destruction de notre milieu naturel, l’exploitation et aliénation des êtres humains plongent leurs racines dans la domination à commencer par la patriarcale. En ceci l’anthropologie tout comme l’histoire constituent de précieux outils indispensables pour rompre avec la religion néolibérale rabâchée jour après jour et comprendre l’évolution des sociétés, du passage au capitalisme – comme sujet automate – mais aussi considérer le passé comme réservoir d’espoir. Partant, l’écologie sociale nous propose une alternative globale pour sortir de l’impasse capitaliste, une option politique répondant à nos vrais besoins, soit le pouvoir de décider par et pour nous-même : le communalisme. Il ne s’agit pas là d’une nouvelle idéologie mais, partant des luttes et alternatives actuelles, elle nous invite à réfléchir ensemble, pour nous diriger vers une utopie réalisable. Pour ce faire, pas de programme pré-établi mais des jalons posés vers cet imaginaire à développer en commun. Riches des expériences passées, il s’agit de suspendre ce temps emballé de l’actualité où un événement en chasse un autre pour s’engager sur le chemin de l’émancipation qui ne peut se faire qu’en marchant et partant de ce qui est en germe au présent. C’est à cette salutaire réflexion à même de développer une intelligence collective que nous vous convions.